Les Phyto-oestrogènes

Études et Mécanismes d'actions

Nous avons vu dans le premier article ce qu’étaient les phyto-oestrogènes, dans quelles plantes les retrouve-t-on et en quelle quantité. Dans ce deuxième article, nous allons essayer de comprendre leur mode d’action, pourquoi les études à leur sujet peuvent être divergentes et ce qu’il faut en penser.

Gardez votre esprit critique à la lecture d’une nouvelle étude, et restons humble sur ce que l’on connait actuellement sur ces plantes.

Nathalie Faggianelli

Réflexion sur la diversité des résultats des études sur les phytooestrgènes

Pourquoi autant de résultats divergents ? Plusieurs facteurs sont/seraient à prendre en compte quand on regarde une étude et ces conclusions :

  • Age de la personne, sexe, statut hormonal et œstrogénique. Nous verrons plus loin que les effets ne sont pas les mêmes et peuvent être plus délétères chez le fœtus, le nourrisson, l’adolescent et en cas de cancer hormono-dépendant selon le type de phytoœstrogènes consommés et la quantité.
 
  • Le microbiote est très variable d’un individu à l’autre et les effets des phytoœstrogènes sont donc différents selon les individus. Ce qui explique très probablement aussi en grande partie les fortes variations de résultats, concluants, non-concluants voir antagonistes d’une étude à l’autre. Certains phytoœstrogènes, en particulier ceux du soja, sont nouveaux dans notre culture alimentaire européenne et les effets observés chez les femmes asiatiques ne sont peut-être pas applicables chez nous, à mettre en lien avec leur habitudes alimentaires globales et le polymorphisme génétique et la nature de leur flore intestinale. Chez les asiatiques, une flore intestinale particulière est présente (Clavel et al. 2005, Vergne et al. 2009) à lier également au mode de préparation bien différent du soja (voir article 1).
  • Les résultats mitigés s’expliquent également par l’énorme variabilité en termes de matériel végétal utilisé pour l’étude en question

                    – plante totale ou extrait enrichi ? (quelle quantité d’ingrédients actifs utilisés dans les préparations ?) 
                    – plante issue de l’agriculture biologique ou traité aux pesticides et contenant donc aussi des perturbateurs endocriniens ? la teneur en isoflavones dépend aussi beaucoup du terrain de culture et du climat (Mortensen et al. 2019) et donc est très variable d’une récolte à l’autre, d’une année à l’autre.. > voir aussi l’article 1
                    – et particulièrement important en ce qui concerne le soja : soja transgénique ou soja non modifié, en culture biologique ?

Il est aussi important de prendre en compte la manière dont l’étude est menée :
                    * in vivo sur animaux (test de l’utérotrophie)
                    * in vitro avec un test sur cellules (prolifération des MCF-7 ou sur levures transfectées) ou un test de liaison sur récepteurs solubilisés ou sur protéines recombinantes. Ces tests peuvent mettre en œuvre des doses irréalistes qui ne seront jamais atteinte in vivo même si on mange 150 kg de soja par jour.
                    * in vivo sur un groupe de consommateurs donnés ? avec une quantité physiologiquement acceptable de phytoœstrogènes ou au-delà de la limite acceptable réelle ? car des différences de résultats sont justement observées entre des essais in vivo ou in vitro. Il faut évidemment prendre en compte la biodisponibilité réelle des molécules utilisées et cela inclus la molécule présente dans la plante et ses métabolites obtenus après digestion qui peuvent être plus actifs et biodisponibles après conversion ? (Landete et al. 2005). 

Même si la transposition d’un modèle à l’autre n’est pas toujours possible il ne faut pas la rejeter ! Les effets majeurs observés notamment dans les toutes premières études sur les phytoœstrogènes chez les animaux ne sont pas à nier.

Les études de comparaisons de populations sont aussi complexes à analyser car les habitudes alimentaires sont parfois très différentes et pas uniquement en ce qui concerne la consommation de phytoœstrogènes comme le soja (riz, thé, poisson, pâtisseries riches en graisses et en sucres etc …), difficile de tenir compte de l’hygiène de vie globale qui impacte aussi les résultats !

  • Le polymorphisme génotypique est aussi à prendre en compte, on pense aujourd’hui que les femmes asiatiques métabolisent les isoflavones du soja mieux que les Européennes. Il existe donc une variabilité entre une femme et une autre et cela peut induire des effets très différents. L’analyse du polymorphisme génétique et les liens avec la variabilité de métabolisation intra et inter-population commence aussi à être étudiée. Une souche spécifique du microbiote est nécessaire pour convertir la daidzéine en équol – 60% des femmes asiatiques présentent un microbiote qui métabolise la daidzein en S-equol majoritairement et non en ODMA contrairement à seulement 25% des européennes (Liu et al. 2010 ; Jean-Michel Lecerf & ‎Nathalie Delzenne. 2021)

 

Mécanismes d'action

Une action modulatrice des récepteurs aux œstrogènes

Il existe trois types différents de récepteurs d’œstrogènes dans le corps :

  • les récepteurs alpha-œstrogènes (ER-α)
  • les récepteurs bêta-œstrogènes (ER-β) qui sont les deux principaux
  • GPER, un récepteur membranaire qui possède une très forte affinité pour les isoflavones de soja (Eyster KM. 2016)
  • NOTE : il existe aussi des estradiol-related-receptors : ERRa ERRb ERRg qui ont des affinités différentes pour les isoflavones. Ceci explique ainsi que les effets des isoflavones ne sont pas monotonique et linéaires

Chaque récepteur est distribué différemment dans les tissus. Les métabolites actifs d’un phytoœstrogène donné affecteront soit ER-α soit ER-β de manière préférentielle et les effets seront différents. Il a été souvent observé qu’ils ont une plus grande affinité pour les récepteurs ER-β c’est-à-dire qu’ils s’y lient préférentiellement (Patisaul et al. 2010). Toutefois cette liaison n’entraîne pas forcément une activité transcriptionnelle des gènes dans toutes les cellules.

Focus sur les récepteurs aux œstrogènes

  • les récepteurs-alpha des œstrogènes (ER-α, aussi appelés parfois ESR1) : auraient un rôle plutôt promoteurs dans certains cancers : sein, endomètre et ovaire) s’il est sur-stimulés. La plupart des tumeurs malines dépendantes des œstrogènes ont été associées avec l’activation de ER-α. Ils jouent un rôle dans la prolifération cellulaire participant au renouvellement normal des tissus mammaires, endométrial et ovariens (Hartman et    2009)
  • les récepteurs bêta-œstrogènes (ER-β, parfois appelés ESR2) : à l’inverse, ils auraient plutôt un rôle protecteur de ces cancers cités précédemment. Ils sont impliqués dans la différenciation des cellules (neurones, ostéoblastes, kératinocytes…) aussi plus spécifiquement exprimés dans les os, système cardio-vasculaire, cerveau

1. Voie ERE-dépendante

Les interactions des phytoœstrogènes avec les récepteurs, influencent la voie génomique dépendante des « Estrogen Responsive Elements » (ERE). C’est le mode d’action qui a été compris le premier. La fixation au récepteur va entrainer un adressage nucléaire des récepteurs. Ceux-ci seront entraînés dans le noyau ou ils pourront ou pas induire la transcription des gènes œstrogéno-dépendants (synthèse d’ARN messagers).

Les phytoœstrogènes sont plus faiblement œstrogéniques que les œstrogènes naturels. Les études reportent que leur activité est 100 à 1000 fois moindre que celle du 17β œstradiol naturellement produit par le corps (Kulper et al. 1998). Et ceci contrairement aux perturbateurs endocriniens synthétiques qui agissent eux comme des oestrogènes FORTS (Hewitt et al. 2011, Patisaul et al. 2010). Tout va aussi dépendre de la quantité ingérée également et du niveau en œstrogènes forts aussi présents. 60-80% des isoflavones consommées sont retrouvées dans les urines après ingestion. Cela signifie que le passage dans le sang a eu lieu. Celui-ci peut être très important car les concentrations plasmatiques notées peuvent être 100 000 fois supérieures à celle de l’œstradiol lui-même (Setchell et al. 1997). Ils peuvent donc être très biodisponibles et actifs (voir article 1).

Setchell et al. 1998

2. Autres voies d’action non ERE-dépendantes

Mais on a découvert plus tard que ce n’était pas la seule voie d’action. Des voies secondaires existent dans certains tissus et avec certains composés. Si la voie génomique n’est pas utilisée, il existe des voies d’utilisation dites non ERE-dépendantes.

La plupart des phyto-œstrogènes (et notamment les entérolignanes) auraient donc plutôt tendance à équilibrer qu’à perturber le bon fonctionnement endocrinien. Ils peuvent stimuler certaines voies pro-œstrogéniques quand il y a une déficience oestrogénique, ou au contraire faire concurrence aux œstrogènes forts quand ceux-ci sont en excès. Nous y reviendrons dans la partie mécanisme d’action. Ils équilibreraient plutôt un déséquilibre et ne viendraient pas aggraver une situation de déséquilibre. Ils présentent une action agoniste ou antagoniste selon les besoins. Ils agissent, pour simplifier, comme des œstrogènes faibles à l’opposé des perturbateurs endocriniens (ces substances exogènes non naturelles) qui agissent elles comme des œstrogènes forts. Ces perturbateurs endocriniens ont des impacts délétères reconnus sur le système endocrinien et la santé (voir notre article sur le sujet). Ils peuvent aider à diminuer l’impact œstrogénique chez des personnes souffrant d’hyper-œstrogénie : ils empêchent les puissants œstrogènes (endogènes et exogènes des perturbateurs endocriniens industriels) de se fixer et limitent donc leurs effets.

Usages et effets prouvés des phyto-œstrogènes

Les recherches examinent les effets des phytoœstrogènes pour soulager certains troubles de la ménopause, prévenir l’apparition de cancers du sein, accompagner des problématiques d’hypo ou hyper-œstrogénie. Pour certaines attributions elles sont mitigées et contradictoires. Mais des résultats bénéfiques ont été démontrés pour l’amélioration des bouffées de chaleur, de la sécheresse vaginale, des troubles du sommeil, de la cognition et des troubles insuliniques et prises de poids chez les femmes ménopausées. Les effets sur la prévention de l’ostéoporose sont réels chez les animaux pour lesquels des traitements de courtes durées sont suffisants. En revanche, chez l’humain, la communauté scientifique s’accorde à dire que les isoflavones ou les entérolignanes réduisent la production des marqueurs de la résorption osseuse sans qu’on puisse affirmer que ce phénomène, à lui seul, pourrait prévenir l’ostéoporose (voir plus loin).

Les effets d’une consommation de produits à base de soja sur des bébés, enfants et adolescents posent aussi question et seront discutés ci-dessous.

Bouffées de chaleur et accompagnement de la ménopause ?

Effet bénéfique le plus largement attribué à la consommation bénéfique de phytoœstrogènes (isoflavones de soja, trèfle rouge) sur la femme ménopausée en bonne santé !

A la lecture des différentes études, il y a des évidences portant sur la consommation de phytoœstrogènes pour essayer d’atténuer les bouffées de chaleur (Gómez-Zorita et al. 2020). Les mécanismes qui expliqueraient cette diminution des symptômes vaso-moteurs sont supposés agir via la voie NO (nitric oxyde, Hairi et al. 2019) mais aussi sur le centre de régulation de la température corporelle qui se trouve dans l’hypothalamus et qui présente des récepteurs aux œstrogènes.

Aucun risque carcinogénique n’a été observé avec la prescription de traitement substitutifs naturels d’isoflavones de soja (Evans et al. 2012) mais toutes les études ont été faites sur des populations sélectionnées et sans cancers du sein latent, ce qui ne représente pas la population réelle.

Cependant par mesure de précaution et sans avis d’un professionnel, on évitera la consommation s’il y a un antécédent personnel ou familial de cancer hormonaux dépendant dont cancer du sein ou si traitement en cours pour un cancer œstrogéno-dépendant

Densité osseuse et ostéoporose ?

Évidence très limitée et peu convaincante pour la densité osseuse chez l’Homme. Les incohérences entre les études s’expliquent par la manière dont elles ont été menées et notamment la durée des études et l’âge des patient(e)s à l’inclusion. Les résultats doivent être interprétés avec précaution à l’heure actuelle ! Les isoflavones de soja pourraient limiter la vitesse de résorption osseuse (Arjmandi et al. 2002 ; Chadha et al. 2017). Mais tout dépend des phytoœstrogènes consommés, de leur métabolisme par la flore intestinale (production d’équol, d’entérolactone ou d’entérodiol), de leur forme, de la quantité. Les effets seraient en effet plus importants si les isoflavones sont consommées directement sous forme aglycones (Lambert et al. 2017). Tout ceci pourrait expliquer les différences entre les études !

  • Synthèse des études et méta-analyses : Gómez-Zorita et al. 2020

Pas d’études directement sur la diminution du nombre de fractures (difficiles à mettre en place ?)

Protecteur cardiovasculaire

Évidence très limitée sur un potentiel effet positif sur le risque cardiovasculaire à la lecture des différentes études contradictoires sur le sujet. La consommation de soja s’il remplace la viande diminue d’environ 7% les taux de cholestérol dans les études cliniques. Même si cet effet est réel il n’est pas suffisant pour protéger définitivement des maladies cardio-vasculaire. Des études à plus grande échelle (plus de participants) doivent être menées. Il existe des biais d’échantillonnage car les consommateurs de soja ont très souvent une meilleure hygiène de vie et les populations témoins qui sont exposées au soja caché n’en sont pas vraiment.

  • Synthèse des études et méta-analyses : Gómez-Zorita et al. 2020

Impact sur le métabolisme

Amélioration du métabolisme du glucose, réduction des taux d’insuline sur des femmes ménopausées (méta-analyse de 2016) et femme asiatiques vs non-asiatiques avec des isoflavones de soja et graines de lin.
+ études de Fang et al. 2016 ; Zwang et al. 2013 

Analyse sur souris : chez des souris nourries avec un régime riche en gras, des fortes doses de resvératrol (22 mg/kg, qu’on trouve dans le vin) pourraient significativement réduire plusieurs effets délétères liés à l’obésité résultant en une amélioration du taux de survie (Baur et al. 2006)

Cancer du sein

Revue des études scientifiques à disposition aujourd’hui qui ont utilisé des doses alimentaires et raisonnables.

Effet préventif prouvé

  • On observe une diminution du risque chez des femmes en préménopause en Asie, mais en Europe les effets sont moindres (2005-2007, Rapport AFSSA) ou contraires (cf ci-dessous).
  • Sur des rats (Lamartinière et al, 2002), un régime alimentaire apportant de la génistéine à dose alimentaire ralenti la prolifération de tumeurs chimio-induites. Cet effet n’est pas reproduit avec la daidzéine, (Jin et al. 2010). In vitro, et avec des doses pharmacologiques la daidzéine peut tuer les cellules cancéreuses du sein. L’effet peut être obtenu par injection locale dans les tumeurs mais pas par ingestion.

  • Les méta-analyses d’études épidémiologiques semblent cependant conclure à un effet positif protecteur de prévention du cancer du sein suite à la consommation régulière et modérée de soja chez la femme adulte reflétant celle du régime alimentaire d’une femme asiatique (quantité et forme d’isoflavones consommées !).

 

Mais qu’en est-il en cas de cancer du sein avéré ou rémission ?

  • Chez animal et in vitro, les phytoœstrogènes du soja font proliférer des cellules humaines du sein déjà cancéreuses et annulent les effets des médicaments anti-cancer (anti-estrogène, anti-aromatase) (Allred et al. 2001, Ju et al., 2008 ; Du et al., 2012 ; Wu et al., 2012).

  • Effet procancéreux de la génistéine observés par le National Toxicology Program Américain sur des rats Wistar et sur la glande mammaire et l’hypophyse. L’exposition des animaux est comparable à celle d’un homme qui prend 1 bol de lait de soja par jour => soit une quantité énorme non physiologique dans le cadre d’un régime alimentaire !

  • Chez des femmes ayant déjà un cancer du sein (Shike et al. 2014) la prise de 50mg d’isoflavones par jour sur 7 à 30 jours a été étudiée. Dans cette étude il y a un problème d’observance des traitements. Certaines femmes du groupe traité n’ont pas pris le traitement au soja et au contraire certaines femmes du groupe témoin ont été exposées à du soja caché. Au final l’effet est non significatif. > soit sans effet soit aggrave l’incidence du cancer chez les femmes occidentales. Chez des femmes avec un cancer du sein établi les isoflavones du soja pourraient être associées à une surexpression des gènes de prolifération. Mais quel type de soja ? l’étude précise « lait de soja » sans autre précision sur la culture, mode d’obtention… ?

  • Pas d’étude disponible à l’heure actuelle pour les femmes en rémission de cancer hormono-dépendant.

  • Les preuves sont très contradictoires et on assiste à une absence de conclusions concrètes (Gikas PD. et al.2005). Très certainement aussi parce que les études ne font pas mention précise de la source et qualité du soja utilisé, du statut oestrogénique des femmes des cohortes… Ce qui explique la contre-indication générale protectrice délivrée par la HAS et couramment admise en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancers hormono-dépendants. Le sujet est délicat, par prudence ne pas consommer de phytoœstrogènes, si cancer du sein ou rémission d’un cancer du sein, sans avis d’un médecin ou de l’équipe médicale en charge en cancérologie qui devront donner leur accord.

Utérus et endomètre

Pas d’effets observés à des doses alimentaires d’isoflavones de soja (Gómez-Zorita et al. 2020, EFSA 2015) mais effet positif de réduction du risque à des doses plus élevées. Comme pour le cancer du sein, on sera prudent en cas de cancer de l’utérus déclaré par manque de données à l’heure actuelle.

Fonction thyroïdienne

Les isoflavones sont des composés dits « antithyroïdiens » si consommés en forte quantité. Pas d’effets observés à des doses alimentaires d’isoflavones de soja (Gómez-Zorita et al. 2020, EFSA 2015) chez des personnes normo-thyroïdiennes. Toutefois, on peut observer une aggravation du statut des hypothyroïdiens (avec déficience en iode). Ceci est connu depuis les années 1960, date à laquelle les formules infantiles à base de soja ont été commercialisées aux USA. On a alors baptisé les effets observés sous les termes « Soy goiter ». Par la suite les formules infantiles ont été supplémentées en iode pour réduire le problème mais très régulièrement des cas ressortent dans la littérature scientifique.

Impact sur le cycle menstruel ?

Nous l’avons vu des perturbations du cycle menstruel ont été avérés depuis les débuts des recherches sur ces composés. Une consommation élevée non appropriée aux besoins (isoflavones de soja transformées, trèfle rouge, houblon) peut perturber le cycle chez la femme d’âge reproducteur. Les cycles pourront être rallongés ou raccourcis.

Endométriose, SOPK, SPM intérêt des phyto-œstrogènes ou risque ?

Endométriose : De nombreuses études sur animaux et in vitro ont montré des effets positifs sur l’inhibition de la croissance et du développement des lésions. Ces effets sont principalement observés avec le resvératrol (Xia et al. 2021). Mais on sait que les modèles animaux sont peu pertinents dans la compréhension des mécanismes de la pathologie chez l’homme. Plus d’études sont en cours pour mieux cerner les risques ou bénéfices d’une consommation de phyto-œstrogènes pour les personnes souffrant d’endométriose !  Quelques études sur l’homme mais données insuffisantes :  Youseflu et al. 2020  et review des méta-analyses par Bartiromo et al. 2021 qui rapportent surtout des études avec des extraits titrés ou des effets non-œstrogéniques avec des extraits de resvératrol anti-inflammatoires). Des cas cliniques ont rapporté qu’une très forte consommation de soja (plus de 3 portions de soja par jour, tous les jours pendant plusieurs années) induisait des fibromes utérins et de l’endométriose. Un arrêt du soja permettait un retour à la normale (Chandrareddi et al., 2008)

SOPK : peu études sont menées chez l’homme. L’une d’elle a rapporté des effets positifs notamment sur une consommation de graines de lin à des doses alimentaires élevées (30g/jour). Il s’agissait de personnes souffrant de SOPK (Nowak et al. 2007) chez lesquelles il a été observé une diminution des taux d’androgènes. Mais les autres études sont uniquement des études sur modèle animaux chez le rat ou la souris avec un SOPK induit (voir Abasian et al. 2018). Il est donc très difficile à l’heure actuelle, d’extrapoler ces effets chez l’Homme. Les plantes décrites ont en outre souvent des actions plutôt anti-inflammatoires, régulatrices de l’insuline réduisant les symptômes du SOPK liés à l’insulino-résistance, inflammation systémique de bas grade et non pas des effets œstrogéniques directs.

Effet prénatal

Des consommations entre 0,75 à 1mg/kg/jour de phytoœstrogènes de soja ont un impact négatif sur la production de LH chez les adultes (Cassidy et al. 1994 et 1995). Les bébés nourris avec des formules infantiles à base de soja reçoivent entre 5 et 7 mg/kg/jour de phytoœstrogènes. On craint donc que la sécrétion néonatale de LH des petits garçons, qui survient entre 3 et 4 mois (Chada et al. 2003), ne soit altérée. Cela devrait théoriquement entraîner (par comparaison à ce qui est observé chez des singes) une réduction de la production de testostérone et de la taille des testicules. Cela se traduirait par une réduction de la production spermatique à l’âge adulte et en conséquence de la fertilité. Cela peut aussi avoir un effet sur la masculinisation de l’aire sexuellement dimorphique de l’aire préoptique de l’hypothalamus chez les petites filles, si l’on apporte des œstrogènes à un moment où normalement les petites filles n’en produisent pas. On craint aussi une imprégnation oestrogénique du vagin et de l’utérus à un âge où ce ne devrait pas être le cas. Des études récentes rapportent ainsi une plus forte incidence de cycles menstruels perturbés et douloureux chez des femmes ayant reçu des formules infantiles au soja au cours de leur 6 premiers mois de vie (Upson et al. 2018). Ces femmes présentent aussi des fibromes utérins plus gros que ceux présents chez des femmes n’ayant pas été exposées au soja en néonatal.

Les scientifiques craignent une perturbation de la sécrétion néonatale de LH chez les bébés ! avec des effets plus tard au niveau de la fertilité. Mais une étude a pu contredire ce fait (Strom et al. 2001). Sujet à suivre !

Des études montrent également l’importance du microbiote intestinal et donc la production de certains métabolites des isoflavones qui pourraient avoir des effets intéressants mais d’autres critiques sur le développement-maturation nerveuse : Rosenfeld 2019

  • Préférer des formules de lait infantile sans soja (les formules à base de riz sont sans risque) et notamment avant l’apparition des dents.
  • Introduire le soja chez les enfants avant 3 ans que s’il est indispensable et ce après 1 an et dans le cadre d’un régime varié et équilibré.

Enfant et homme ?

  • Perturbation possible du déclenchement de la puberté
  • Fertilité compromise
  • Interaction avec les fonctions thyroïdiennes

MAIS tout dépend de la dose, de la forme et de la durée de consommation et du type de phytoœstrogènes !

Conclusion

La compréhension du fonctionnement des perturbateurs endocriniens et des phytoœstrogènes sur la physiologie humaine n’en est encore qu’à ses débuts ! Les premières recherches sur ces composés n’est pas si ancienne et beaucoup de choses restent encore à élucider. Restons donc humble ici dans ce que nous savons à l’heure actuelle et ce que nous pouvons faire notamment en phytothérapie dans leur usage. On retiendra cependant que les phytoœstrogènes sont plus faiblement œstrogéniques que les œstrogènes naturels. La plupart des phytoœstrogènes (notamment les entérolignanes) ont plutôt tendance à EQUILIBRER qu’à perturber le bon fonctionnement endocrinien. Ils équilibrent plutôt un déséquilibre et ne viendraient pas aggraver une situation de déséquilibre (hors cancers hormono-dépendant).

Outre les effets œstrogéniques dont nous avons parlé dans ces articles, il est important de noter que de nombreuses molécules ont aussi des actions hormonales directes ou indirectes (mimant ou interagissant les androgènes, l’insuline, les hormones thyroïdiennes). Nous reviendrons sur les plantes qui pourraient agir sur la progestérone directement ou indirectement dans un autre article.

Les phytoœstrogènes (graines de lin, soja notamment) à des doses alimentaires et de qualité pourront cependant avoir un bénéfice avéré dans le cadre de l’accompagnement de la ménopause avec un usage encadré, où les effets positifs sont bien supérieurs au risque d’effet indésirable. Ils sont aussi intéressants dans certains déséquilibres hormonaux et il ne faut pas en avoir peur nécessairement. La consommation chez une femme menstruée en quantité modérée peut avoir des bénéfices dans certaines situations de déséquilibre, en gardant en tête une perturbation possible des cycles (à des doses importantes, notamment en usage phyto-thérapeutique). La prise de compléments alimentaires à base de phytoœstrogènes (phytothérapie et usage du houblon, trèfle rouge notamment) sera donc à juger au cas par cas, en faisant bien attention à la forme galénique présente, la posologie, la composition générale des produits et à individualiser selon la personne !

Cependant, la consommation chez l’homme d’âge jeune ou moyen et chez le bébé et l’enfant sera à considérer avec beaucoup plus de précautions. La consommation de phytoœstrogènes sera à éviter notamment pendant la grossesse, la période d’allaitement et pour l’alimentation du bébé avant 6 mois au minimum, et avec prudence, sans excès chez l’enfant et l’adolescent(e.).

Il faut également garder en tête que la consommation de soja dans nos pays européens est assez nouvelle et surtout sous une forme bien différente de celle asiatique, et bien souvent en excès dans certains régimes alimentaires. Le soja pourrait être considéré comme un alicament plus qu’uniquement un aliment. Il est à utiliser et à consommer avec bon sens ! Il y a des contre-indications et des indications, des posologies à respecter. Les recommandations de l’AFSSA 2005 restent d’actualité et imposent une prudence de rigueur avec les phytoœstrogènes de cette plante. Il conviendra de faire attention aux produits transformés que vous utilisez, à la forme et quantité de phytoœstrogènes présentes, et à lier à votre âge et état de santé ! Chez la femme, on sera prudent avec la consommation de phytoœstrogènes en cas de cancer hormono-dépendant notamment du sein, et par manque d’études à l’heure actuelle en cas d’antécédent personnel ou familial. Les effets vont déprendre de nombreux facteurs que l’on ne maitrise pas encore parfaitement (forme et quantité des phytoœstrogènes consommés, association à d’autres aliments comme les fibres ralentissant ou augmentant leur métabolisme, statut hormonal de la personne, antécédents de santé, état du microbiote intestinal et de la capacité de détoxication hépatique des hormones…).

Bibliographie

Abasian, Z., Rostamzadeh, A., Mohammadi, M., Hosseini, M. and Rafeieian-kopaei M. 2018 A review on role of medicinal plants in polycystic ovarian syndrome: Pathophysiology, neuroendocrine signaling, therapeutic status and future prospect. Middle east fertility society journal 23 – 255-262.

AFSSAPS 2005 – Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandations.

Adlercreutz, H., Mazur, M. Stumpf, K., Kilkkinen, A. , Pietinen, P., Hultén, K. and Hallmans, G. 2008. Food containing phytoestrogens, and breast cancer. Biofactors. Volume12, Issue1-4

Allred CD, Allred KF, Ju YH, Virant SM, Helferich WG. Soy diets containing varying amounts of genistein stimulate growth of estrogen-dependent (MCF-7) tumors in a dose-dependent manner. Cancer Res. 2001 Jul 1;61(13):5045-50. PMID: 11431339.

Allred KF, Yackley KM, Vanamala J, Allred CD. Trigonelline is a novel phytoestrogen in coffee beans. J Nutr. 2009 Oct;139(10):1833-8. doi: 10.3945/jn.109.108001. Epub 2009 Aug 26. PMID: 19710155.

Arjmandi, B. H.,  Khalil, D. A., Smith, B. J.,  Lucas, E. A.,  Juma, S.,  Payton, M. E. and Robert W. A. Soy protein has a greater effect on bone in postmenopausal women not on hormone replacement therapy, as evidenced by reducing bone resorption and urinary calcium excretion. J Clin Endocrinol Metab 2003 Mar;88(3):1048-54.doi: 10.1210/jc.2002-020849.

Bartiromo, L., Schimberni, M., Villanacci R., Ottolina, J., Dolci, C., Salmeri, N., Viganò, P. and Candiani, M. Endometriosis and Phytoestrogens: Friends or Foes? A Systematic Review. Nutrients 2021, 13, 2532. https://doi.org/10.3390/nu13082532

Baur, J.A. (…) Sinclair, D. A. Resveratrol improves health and survival of mice on a high-calorie diet. Nature 2006 Nov 16;444(7117):337-42.doi: 10.1038/nature05354. Epub 2006 Nov 1.

Bennetau-Pelissero C. Risks and benefits of phytoestrogens: where are we now? Review. Curr Opin Clin Nutr Metab Care 2016, 19:477–483 DOI:10.1097/MCO.0000000000000326

Bradbury R, White D. The chemistry of subterranean clover. Part I. Isolation of formononetin and genistein. J Chem Soc. 1951:3447–3449.

Carreau C., Flouriot G., Bennetau-Pelissero C., Potier M. Respective contribution exerted by AF-1 and AF-2 transactivation functions in estrogen receptor alpha induced transcriptional activity by isoflavones and equol: consequence on breast cancer cell proliferation. Mol Nutr Food Res., 2009, 53(5):652-8.

Carreau C. Propriétés œstrogéniques des phyto-œstrogènes dans une lignée de cancer du sein. Implication des domaines de transactivation du récepteur aux œstrogènes alpha. Thèse de doctorat: Université Bordeaux 1, 2008. En ligne: http://grenet.drimm.u-bordeaux1.fr/pdf/2008/CARREAU_CHARLOTTE_2008.pdf

Cassidy, A., Bingham, S. & Setchell, K.D.R. (1994). Biological effects of isoflavones present in soy in premenopausal women: implications for the prevention of breast cancer. Am. J. Clin. Nutr. 60:333–340

Cassidy, A., Bingham, S. & Setchell, K. (1995) Biological effects of isoflavones in young women—importance of the chemical compostion of soya products. Br. J. Nutr.74:587–560.

Chada, M., Prua, J. Bronsk, M. Pechov, K. Kotaaka, L. L. Inhibin B, Follicle Stimulating Hormone, Luteinizing Hormone, and Estradiol and Their Relationship to the Regulation of Follicle Development in Girls during Childhood And Puberty. Physiol. Res. 52: 341-346, 2003

Chandrareddy, A., Muneyyirci-Delale, O., McFarlane, S. and Murad O. M. Adverse effects of phytoestrogens on reproductive health: a report of three cases. Complement Ther Clin Pract, 2008 May;14(2):132-5. doi: 10.1016/j.ctcp.2008.01.002. Epub 2008 Mar 7.

Chavarro, J. E., Toth, T. Sadio, S.M. and Hauser, R. Soy food and isoflavone intake in relation to semen quality parameters among men from an infertility clinic, Human Reproduction, Volume 23, Issue 11, 1 November 2008, Pages 2584–2590,

Clavel, T., Dore, J. and Blaut, M. Bioavailability of lignans in human subjects. 2006. Nutrition Research Reviews (2006), 19, 187–196

Dixon-Shanies, D.Shaikh, N. (1999) Growth inhibition of human breast cancer cells by herbs and phytoestrogens. Oncol Rep, 6, pp.1383-7

Evans M, Elliott JG, Sharma P, Berman R, Guthrie N. The effect of synthetic genistein on menopause symptom management in healthy postmenopausal women: a multi-center, randomized, placebo-controlled study. Maturitas. 2011;68:189–196

Eyster KM. 2016. The Estrogen Receptors: An Overview from Different Perspectives.

Methods Mol Biol.1366:1-10.  doi: 10.1007/978-1-4939-3127-9_1.

Fang et al. Soy 2016. isoflavones and glucose metabolism in menopausal women: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.Mol. Nutr. Food Res. 

Gaya, P., Medina, M. Sanchez-Jimenez, A. and Landete J. M. Phytoestrogen Metabolism by Adult Human Gut Microbiota. 2016 Molecules 21(8):1034

Gikas PD, Mokbel K. Phytoestrogens and the risk of breast cancer: a review of the literature. Int J Fertil Womens Med. 2005;50(6):250–258

Goldin BR, Adlercreutz H, Gorbach SL, Warram JH, Dwyer JT, Swenson L, Woods MN. Estrogen excretion patterns and plasma levels in vegetarian and omnivorous women. N Engl J Med. 1982 Dec 16;307(25):1542-7. doi: 10.1056/NEJM198212163072502. PMID: 7144835.

Gómez-Zorita, S., González-Arceo, M, and Portillo M., P. Scientific Evidence Supporting the Beneficial Effects of Isoflavones on Human Health. Nutients. 2020. 12(12) ; 3853

Gutendorf, B. and Westendorf, J. (2001) Comparison of an array of in vitro assays for the assessment of the estrogenic potential of natural and synthetic estrogens, phytoestrogens and xenoestrogens. Toxicology, 166, 79-89. doi:10.1016/S0300-483X(01)00437-1

Hertz R. 1985. The estrogen problem. Retrospect and Prospect. In « Estrogen in the Environment II ». JA McLachlan Ed, Elsevier Inc.Pub 1-11.

Hewitt SC, Korach KS. 2011. Estrogenic activity of bisphenol A and 2,2-bis(p-hydroxyphenyl)-1,1,1-trichloroethane (HPTE) demonstrated in mouse uterine gene profiles. Environ Health Perspect 119:63–70.

Jarry, H., Spengler, B., Porzel, A., Schmidt J., Wuttke, W., and Christoffel, V. Evidence for estrogen receptor beta-selective activity of Vitex agnus-castus and isolated flavones Planta Med 2003 Oct;69(10):945-7.  doi: 10.1055/s-2003-45105 (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14648399/)

Kolatorova, L., Lapcik, O. and Starka, L. Phytoestrogens and the Intestinal Microbiome L. Physiol. Res. 67 (Suppl. 3): S401-S408, 2018

Kuiper GGJM, Lemmen JG, Carlsson B, Corton JC, Safe SH, van der Saag PT, et al. 1998. Interaction of estrogenic chemicals and phytoestrogens with estrogen receptor β. Endocrinology 139:4252–4263.

Lamartiniere, A., Wang, J., Smith-Johnson, M. and Eltoum, I-E. Daidzein: Bioavailability, Potential for Reproductive Toxicity, and Breast Cancer Chemoprevention in Female Rats Coral. TOXICOLOGICAL SCIENCES 65, 228±238 (2002)

Landete, J.M. Ellagitannins, ellagic acid and their derived metabolites: A review about source, metabolism, function and health. Food Res. Int. 2011, 44, 1150–1160.

Messina, M., Nagata, C. and Wu, A. H. (2006). Estimated Asian Adult Soy Protein and Isoflavone Intakes, Nutrition and Cancer, 55:1, 1-12, 

Mortensen, A., Analytical and compositional aspects of isoflavones in food and their biological effects. 2009. Mol nutr food res. 53 suppl 2, p. 266-309.

Nowak, D. Snyder, D. and Demark-Wahnefried, W. The Effect of Flaxseed Supplementation on Hormonal Levels Associated with Polycystic Ovarian Syndrome: A Case Study. Curr Top nutraceutical Res 2007, 5(4):177-181 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2752973/)

Panneerselvam et al. 2016 Soy isoflavones (Glycine max) ameliorate hypertriglyceridemia and hepatic steatosis in high fat-fed ovariectomized Wistar rats (an experimental model of postmenopausal obesity).J. Nutr. Biochem. 

Patisaul H.B. and Jefferson W. The pros and cons of phytoestrogens. Frontiers in neuroendocrinology. 31(4), p. 400-419

Pelissero C, Le Menn F., Kaushik S. Estrogenic effect of dietary soya bean meal on vitellogenesis in cultured Siberian sturgeon Acipenser baeri. Gen. Comp. Endocrinol. 1991;83:447-57.

Pelissero C, Bennetau, B Babin P, Le Menn F, Dunoguès J. The estrogenic activity of certain isoflavones in the Siberian sturgeon Acipenser baeri. J. Steroid. Biochem. Molec. Biol. 1991;38:293-99.

Pelissero C, Flouriot G, Foucher JL, Bennetau B, Dunoguès J, Le Gac F, Sumpter JP. Vitellogenin synthesis in hepatocyte culture, an in vitro test for the estrogenic potency of chemicals. J. Steroid. Biochem. Molec. Biol. 1993;44:263-72.

Pelissero C, Lenczowski M, Chinzi D, Sumpter JP, Fostier A. Effects of flavonoids on aromatase activity, an in vitro study. J Steroid Biochem Molec Biol 1996;57(3 / 4):215-23.

Rosenfeld CS. Effects of Phytoestrogens on the Developing Brain, Gut Microbiota, and Risk for Neurobehavioral Disorders. Front Nutr. 2019;6:142. Published 2019 Aug 29. doi:10.3389/fnut.2019.00142

Setchell KD, Zimmer-Nechemias L, Cai J, Heubi JE. Exposure of infants to phyto-oestrogens from soy-based infant formula. Lancet. 1997;5;350(9070):23-7.

Strom BL, Schinnar R, Ziegler EE, Barnhart KT, Sammel MD, Macones GA, Stallings VA, Drulis JM, Nelson SE, Hanson SA. Exposure to soy-based formula in infancy and endocrinological and reproductive outcomes in young adulthood. JAMA. 2001 Aug 15;286(7):807-14. doi: 10.1001/jama.286.7.807. PMID: 11497534.

Upson, K., Adgent, M., Wegienka, G. and Baird, D. Soy-based infant formula feeding and menstrual pain in a cohort of women aged 23–35 years, Human Reproduction, Vol 34, Issue 1, 2019, Pages 148–154, https://doi.org/10.1093/humrep/dey303

Walter, E. D. (1941) Genistein (an isoflavone glucoside) and its aglucone, genistein, from soybeans. J. Am. Oil Chem. Soc.63:3273–3276.

Vergne S, Bennetau-Pelissero C, Lamothe V, Chantre P, Potier M, Asselineau J, Durand M, Garreau JJ, Moore N, Sauvant P. Difference of bioavailability of isoflavones after a single ingestion of soy-based food or soy-based supplement by young male humans Brit J Nutr. 2008;99:333-44.

Youseflu S., Jahanian Sadatmahalleh S.H., Mottaghi A., Kazemnejad A. Dietary phytoestrogen intake and the risk of endometriosis in iranian women: A case-control study. Int. J. Fertil. Steril. 2020;13:296–300. 

Zwang et al. 2013  Soy isoflavone supplementation could reduce body weight and improve glucose metabolism in non-Asian postmenopausal women–a meta-analysis.Nutrition.

%d blogueurs aiment cette page :