Le SOPK, ou syndrome de Stein-Leventhal, est un ensemble de symptômes dû à un dérèglement hormonal qui toucherait 1 femme sur 10 et qui est la première cause d’infertilité.

Voir article “Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : définition

Les Symptômes

Les symptômes du SOPK sont nombreux et variés : ils peuvent être d’ordre gynécologiques, psychologiques et/ou métaboliques. Ils se manifestent souvent à la ménarche ou au début de l’âge adulte.

Dans la majorité des cas, les règles sont irrégulières voire absentes en cas d’anovulation. A contrario, des femmes atteintes du SOPK peuvent avoir des cycles réguliers et être touchées par d’autres symptômes. Ils peuvent se manifester par :

  • Une prise de poids : avec une difficulté à le perdre et à gérer son poids de forme.
  • Une perte de poids : Le SOPK est souvent associé à la prise de poids, notamment par rapport à la résistance à l’insuline. Il existe malgré tout des femmes qui perdent du poids et qui ont du mal à le contrôler.​
  • De l’hirsutisme : C’est un des principaux symptômes : une pilosité excessive au niveau du visage (moustache, menton, joue…), des bras, du dos, de la poitrine, des orteils, de l’abdomen.
  • Une perte de cheveux
  • Des troubles cutanés :  Le plus répandu est l’acné, ce qui est dû au taux élevé d’androgènes
  • De l’infertilité : Certaines femmes arrivent à avoir un enfant naturellement, d’autres passent par la voie médicale. Le SOPK est l’une des premières causes d’infertilité.
  • Des douleurs pelviennes : Contrairement aux idées reçues, le SOPK peut être douloureux : Ces douleurs peuvent apparaitre au moment des menstruations. Des saignements peuvent aussi se produire en dehors des règles, à n’importe quel moment du cycle, et être abondants.
  • Des troubles du sommeil Dans le cas du SOPK, il a été recensé différents troubles du sommeil, notamment de l’apnée du sommeil, des insomnies…
  • Des sautes d’humeurs / un impact psychologique : Cela peut aller de l’anxiété à la dépression pour certaines : Modification de son image corporelle, acceptation de son corps
  • Une baisse de la libido, ainsi qu’une sécheresse vaginale
  • De la fatigue et des migraines

Cette Liste n’est pas exhaustive

Tous ces symptômes entrainent donc des conséquences pour les femmes qui varient en fonction de chaque cas. En effet, le SOPK peut accroitre le risque de syndrome métabolique (surpoids, hypertension, troubles de la glycémie), de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.

Pour les femmes enceintes, un suivi avec un professionnel est fortement recommandé car le SOPK peut augmenter le risque de fausses couches ou de naissances prématurées.

Les différentes étapes dans le diagnostic :

Seul un professionnel de santé est apte à poser un diagnostic. Il peut le faire par :

Une évaluation clinique : Discuter avec son médecin généraliste / Gynécologue / Sage-femme de ses symptômes, de ses antécédents familiaux (on estime à 30% le pourcentage de femmes ayant le SOPK, qui ont dans leur cercle familial, des personnes atteintes de cette pathologie) et de noter ses cycles pour mieux les observer.

Une échographie : L’échographie va permettre de mesurer l’endomètre et de vérifier le nombre de follicules présents.

Un bilan biologique : La biologie va venir soutenir la clinique. Pour travailler de manière optimale et fonctionnelle la prise en charge du SOPK, la biologie est importante. En fonction de la clinique, le médecin pourra demander le dosage de : l’indice HOMA (qui va permettre de repérer s’il y a une résistance à l’insuline), le rapport LH/FSH, la prolactine, la TSH complète …

​Le diagnostic final sera posé par le médecin, qui se basera également sur les « critères de Rotterdam » (adoptés par la société européenne d’endocrinologie en 2014). Il faut au moins 2 critères présents parmi :

– Hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné…) ou biologique (par les analyses)

– Ovulation absente ou irrégulière (cycles inférieurs à 21 jours ou supérieurs à 35 jours)

– Présence d’un ovaire de plus de 20 follicules et / ou le volume ovarien > 10ml

Aussi, il est important d’exclure des maladies comme :

  • l’hyperplasie congénitale des surrénales (maladie génétique rare qui est responsable de la production anormale d’hormones), qui peut être retrouvée chez certaines femmes ayant un excès d’androgènes,
  • l’hyperprolactinémie (excès de prolactine qui peut avoir une incidence sur la fertilité et se manifeste par une aménorrhée ou un hirsutisme),
  • les dysthyroïdies (à l’origine de certaines irrégularités de cycles menstruels)

Existe-t-il différents SOPK ?

Selon certaines littératures et revues que l’on peut voir sur le net, il existe 4 types de SOPK :

  • L’insulino-résistant : C’est le plus commun puisqu’il touche environ 75% des femmes qui ont un SOPK. Il se caractérise par un taux d’insuline élevé dans le sang qui entraînera différentes conséquences sur l’organisme : pilosité, acné, prise de poids et difficulté à perdre du poids, envie de grignoter…

« Qu’est-ce que l’insulino résistance exactement ? L’ingestion d’un aliment provoque une montée de sucre dans le sang. L’insuline est l’hormone qui est secrétée par le pancréas immédiatement après l’ingestion de glucides. Elle évite que le sucre ne reste dans le sang. L’insuline est la clé qui permet d’ouvrir la porte de la cellule pour faire entrer le glucose à l’intérieur de cette dernière et ainsi être utilisé. En cas d’excès de glucose, l’insuline pourra le stocker dans le foie ou dans le tissu adipeux. »

Si cet excès devient chronique, cela peut créer une perte de sensibilité à l’insuline. Le pancréas va travailler dur et faire beaucoup d’effort pour maintenir la glycémie stable. Il se fatigue, il n’y a plus de régulation du taux de sucre et celui-ci restera élevé.

  • L’inflammatoire : L’inflammation chronique est présente dans le SOPK. Elle va perturber l’ovulation et augmente le taux d’androgènes. Ce type de SOPK se caractérise par de la fatigue, des troubles digestifs, des douleurs articulaires, des maux de tête et des migraines,
    des douleurs menstruelles, des troubles cutanées comme de l’eczéma ou du psoriasis…
  • Le surrénalien : Les surrénales sont des glandes « sur les reins », d’où leur nom. Elles produisent des hormones, dont les androgènes. Une fatigue des surrénales peut donc entrainer un dérèglement. Ce type de SOPK se caractérise par du stress, de l’anxiété qui augmente le taux des androgènes.
  • Le post pilule : Il survient souvent avec l’arrêt de la pilule, qui a inhibé l’ovulation et perturbé les hormones pendant plusieurs années, amenant le corps à produire plus d’androgènes. C’est un effet rebond. Les symptômes liés sont l’absence de règles, ou d’ovulation, l’apparition d’acné, d’une pilosité excessive, d’une perte anormale de cheveux… Le cycle menstruel était régulier avant la prise de pilule.

Il est important de ne pas perdre des yeux que chaque femme a son propre SOPK et ne rentre pas dans une case prédéfinie.
Ce classement est donc à prendre avec précautions.
Le rôle du professionnel est de déterminer les dysfonctions de chaque femme pour prendre en charge les causes originales propres à chacune de ces dysfonctions.


La prise en charge du SOPK est holistique, c’est-à-dire que la personne est prise en charge dans sa globalité.
Un stress mal géré peut amener une dysfonction de la thyroïde qui peut entrainer une insulinorésistance et ainsi créer une inflammation. Finalement, nous pouvons voir que tout peut être lié.

En plus de ces différents points évoqués, le professionnel va aussi chercher d’autres causes de l’hyperandrogénie qui peut être dû :
– à un déficit en progestérone
– à un déficit en œstrogènes
– à une diminution des transporteurs des hormones (SHBG…)
– aux perturbateurs endocriniens…


C’est pourquoi, un bilan complet, tant sur une investigation clinique que biologique est primordiale pour déterminer et prendre en charge la/les cause(s) du SOPK.

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