L’endométriose est une maladie gynécologique multifactorielle, inflammatoire et chronique qui toucherait au moins 1 femme sur 10.

La durée moyenne du diagnostic de 7 à 9 ans laisse supposer qu’un nombre plus important de femmes sont touchées mais non diagnostiquées à ce jour ou asymptomatiques.

– 20 à 50% des femmes infertiles ont de l’endométriose et/ou le SOPK .
– 30 à 50% des femmes endométriosiques ont des problèmes d’infertilité.

Les scientifiques ont des avis divergents pour expliquer le fonctionnement de cette pathologie complexe et toujours mystérieuse.

L’endomètre est la muqueuse qui recouvre la paroi interne de l’utérus. A chaque début de cycle, il s’épaissit pour pouvoir accueillir un éventuel embryon.
Si aucun embryon ne s’implante, l’endomètre diminue en laissant s’écouler les menstruations, autrement dit, les règles.

 

  • Les différentes théories sur le fonctionnement de l’endométriose

En France, l’endométriose est définie comme du tissu endométrial (de l’endomètre) qui se forme en dehors de l’utérus. Ces cellules peuvent se retrouver sur les ovaires, sur les trompes de Fallope, les ligaments et parfois même sur les intestins, la vessie, les reins, le diaphragme voire même migrer jusqu’au cerveau.

Lorsque les cellules sont à l’extérieur de l’utérus, il s’agit d’endométriose.
Lorsque les cellules sont à l’intérieur de l’utérus, il est question d’adénomyose.

Au moment des règles, ces cellules vont agir comme l’endomètre : elles vont s’épaissir et laisser s’écouler le sang. Cela peut créer des adhérences, provoquer de l’inflammation et donc des douleurs pelviennes plus ou moins intenses. Ces douleurs sont très souvent banalisées (car considérées comme « normales » en période de règles) et non comprises ni entendues par certains professionnels, par l’entourage ou par le conjoint…

A l’étranger, sont plutôt évoqués des tissus similaires à la muqueuse utérine (endomètre) mais non identiques, comme en parle le « Indian Centre For Endometriosis » qui rapporte que les cellules retrouvées ne sont pas des cellules de l’endomètre. « Ce sont des entités différentes ! L’endomètre ne saigne pas tous les mois comme une période. Il produit une inflammation qui peut provoquer une rupture et une hémorragie des capillaires adjacents.

Donc, si ça ne se comporte pas comme l’endomètre, alors évidemment, il ne répond pas aux hormones de la même manière ! » 1

D’autres spécialistes dans le monde avancent cette même théorie, à savoir que les cellules de l’endomètre et les lésions d’endométriose ne sont pas identiques. Ils vont jusqu’à affirmer que l’endomètre des femmes endométriosiques est différent de celui des  femmes non-endométriosiques (cf. propos du Dr Redwine).

Ces affirmations mettent en évidence la méconnaissance de l’origine exacte de l’endométriose; méconnaissance qui complexifie d’autant sa prise en charge. « Si on ne connait pas la bonne définition, on a peu de chance de faire les bons choix de traitements ».2

Différentes causes sont mises en avant, validées par certains médecins, et rejetées par d’autres.

 

  • Les théories de causes possibles
  1. La théorie métaplasique : De l’endométriose a été retrouvée chez les fœtus, qui eux n’ont jamais eu de reflux, ni de menstruation et même chez des hommes. Le tissu embryonnaire devenant ensuite le péritoine, se transformerait en endométriose. Cette maladie serait donc asymptomatique dès la naissance et pourrait devenir symptomatique au moment des règles.

    Or:
     – 90% des femmes sont concernées par ce reflux, et 10% « seulement » développent une endométriose. Cette seule explication ne serait donc pas suffisante. Il faudrait alors différents facteurs associés pour que la maladie se développe. 

     – Si, comme certains spécialistes l’avancent, ce ne sont pas des cellules de l’endomètre, cette théorie est directement rejetée. Selon eux, si c’était bien le cas, les lésions se formeraient à chaque cycle et se multiplieraient. D’après eux, les lésions ne font que changer de formes et d’apparences, mais ne se multiplient pas.                

  2.  La théorie métastasique : les cellules endométriosiques migreraient par la circulation sanguine. Les facteurs pouvant induire la maladie.
  3.  La théorie du reflux rétrograde : Au lieu de s’éliminer par la voie vaginale, les menstruations remonteraient vers les trompes de Fallope, ce qui permettrait aux cellules de l’endomètre de migrer hors de l’utérus. C’est la théorie la plus admise dans le corps scientifique.

L’endométriose est une maladie supposée multifactorielle. Parmi les différents facteurs pouvant influer sur son développement, se trouvent :

– une prédisposition génétique / épigénétique :  certains gènes vont s’exprimer, d’autres non 
– des facteurs environnementaux : médicaments, perturbateurs endocriniens, polluants…
– Un terrain inflammatoire qui pourrait initier la pathologie et l’entretenir voire l’aggraver
– une défaillance immunitaire chez les 10 % de femmes, qui permettrait aux cellules de se développer hors de l’utérus (= cellules ectopiques)

Aujourd’hui, les femmes ne guérissent pas de l’endométriose. Elles sont suivies pour être soulagées de leurs douleurs et pour diminuer leurs symptômes, qui arrivent tous les mois, plusieurs jours par mois.

 

  • Des symptômes divers et parfois difficiles à mettre en lien

L’accompagnement est d’autant plus complexe qu’il n’y a pas une mais des endométrioses : chaque cas est différent. C’est ce qui peut rendre le diagnostic difficile et long. En effet chaque femme aura des atteintes, des douleurs et des symptômes différents. De plus, la douleur n’est pas corrélée à l’étendue de l’endométriose mais à l’inflammation et à la localisation. Une femme peut avoir une endométriose profonde mais être asymptomatique et à contrario, une autre peut avoir des douleurs très intenses et une endométriose peu étendue, dite « superficielle ».

Ces symptômes peuvent être variés. On retrouve le plus souvent :

– des dysménorrhées (60-80%),
– des douleurs pelviennes (30-50%),
– de l’infertilité (30-40%),
– des dyspareunies (douleurs lors des rapports sexuels 25-40%),
– des irrégularités menstruelles (10-20%),
– des douleurs neuropathiques,
– des douleurs lors de la miction ou défécation,
– des saignements excessifs,
– de la fatigue….

C’est surtout l’aspect cyclique des douleurs qui reviennent chaque mois qui orientera vers une endométriose.

A tous ces symptômes « physiques » s’ajoute l’impact psychologique qu’ils engendrent. La difficulté de travailler lorsque les douleurs sont intenses, la vie sociale qui diminue, les relations avec le conjoint qui se compliquent, l’incompréhension de la famille d’une maladie invisible, la sensation de ne plus comprendre ni maîtriser son corps …

Sources :